Une 1re année d’euthanasie au Québec (avec références)

Montréal, le 24 janvier 2017 - Le 10 décembre 2016 marquait la fin de la 1re année d’euthanasie au Québec, mieux connue sous l’euphémisme « aide médicale à mourir ».

Le 10 décembre 2016 marquait la fin de la 1re année d’euthanasie au Québec, mieux connue sous l’euphémisme « aide médicale à mourir » (>>).

Vivre dans la Dignité s’inquiète de voir le gouvernement du Québec prioriser l’euthanasie au détriment d’améliorations significatives des soins palliatifs (>>), pourtant promises par le gouvernement Couillard avant l’entrée en vigueur de la Loi concernant les soins de fin de vie (>>).

  • Plan de développement 2015-2020 du gouvernement du Québec : « Assurer l’accès à l’AMM pour les personnes qui en font la demande » = priorité #1 (>>36), mais aucun objectif similaire pour assurer l’accès aux soins palliatifs
  • Loi concernant les soins de fin de vie promettait pourtant l’accès aux soins palliatifs à « toute personne dont l’état le requiert » (Art. 4) (>>)

Nous sommes également inquiets par les questions que soulève l'étude publiée hier dans le Journal de l’Association Médicale Canadienne, dans laquelle les auteurs concluent que « si les Canadiens adoptent l'aide médicale à mourir à la même échelle que les Belges et les Néerlandais, nous pouvons nous attendre à une réduction des dépenses en santé de plusieurs dizaines de millions de dollars par année » (>>).

 

Euthanasie au Québec : l’histoire se répète

Alors que l’euthanasie a été vendue comme une « mesure exceptionnelle pour des cas exceptionnels » (>>), la 1re année d’application de la loi nous montre que l'expérience de la Belgique et des Pays-Bas se répète chez nous (>>) (>>):

  • déjà, le nombre d’euthanasies augmente au Québec de façon exponentielle (>>) :

    • données partielles en date du 10 janvier (12 des 34 établissements de santé) :
      • 300+ euthanasies
      • 500+ demandes
    • augmentation de 84 % par rapport à la première moitié de l’année (>>)
    • estimations du Dr Barrette pour la 1re année : 100 demandes (>>)
  • les critères de la loi ont déjà été transgressés à maintes reprises (>>):

    • 21 cas d’abus en une seule année (>>)
      • indépendance du second médecin: 18 cas
      • critère de fin de vie : 2 cas
      • atteinte d'une maladie grave et incurable: 1 cas
    • aucune conséquence prévue par le Collège des médecins (>>)
  • les critères de la loi sont déjà sous pression pour être élargis :

    • le critère de fin de vie est menacé par des grèves de la faim (>>) (>>)
  • le lien manifeste entre suicide et « aide médicale à mourir» a causé la mort de nombreuses personnes qui avaient besoin d’aide et de prévention du suicide :

    • des médecins ont laissé mourir des personnes arrivées à l’urgence après une tentative de suicide (>>)
    • le cas de Serge Pommerleau : volonté connue de se suicider depuis 2013 après un diagnostic de SLA, tentative de suicide avec hospitalisation, puis « aide médicale à mourir » (>>)
  • les « balises de protection » commencent déjà à s’effriter :

    • 21 cas d’abus (>>) mais aucun suivi ni aucune sanction prévue (>>)
    • la CSFV est critiquée parce que demande « trop d’informations » bien que son rôle soit de surveiller l’application de la loi (>>)
    • volonté de simplifier le formulaire de déclaration, donc moins de suivi après les euthanasies (>>)
    • volonté de revoir la notion d’indépendance du second médecin (>>)
  • l’accès aux soins palliatifs n’a pas été amélioré et il n’y a eu aucun suivi à cet effet :

    • Dr Bernard Lapointe, Président du Congrès Pall 2016 et directeur de la division des soins palliatifs à l’Hôpital général juif : « Un an après l’annonce d’un plan de développement des soins palliatifs pour 2015 à 2020 par Québec, les actions tangibles se font toujours attendre (…). Des lits ont été coupés partout dans les hôpitaux, ç’a été très dur pour les soins palliatifs » (>>)
    • Me Pierre Deschamps, membre de la CSFV : les soins palliatifs sont à risque « d'implosion et de fracture» (>>)
    • Alain Legault, conférencier et professeur agrégé à la Faculté de sciences infirmières de l’Université de Montréal : « Depuis l’entrée en vigueur de la loi, les soins palliatifs passent à la trappe. On oublie que loi visait à étendre l’accès à ces soins, qui restent encore la réponse générale aux besoins des personnes en fin de vie » (>>)

 

Demandes de Vivre dans la Dignité au gouvernement du Québec

  1. mandater un coroner pour faire la lumière sur les circonstances entourant les 21 décès par euthanasie qui n’ont pas respecté les critères établis par la loi et formuler des recommandations au gouvernement pour éviter que se reproduisent d’autres abus criminels similaires;
  1. dresser un portrait concret de l’accès aux soins palliatifs en indiquant à la population dans quelle mesure la Loi concernant les soins de fin de vie a amélioré l’accès aux soins palliatifs, tel que promis par le Ministre de la Santé, Gaétan Barrette;
  1. rendre public les chiffres et le détail des coûts reliés à l’implantation spécifique de « l’aide médicale à mourir », en comparaison des investissements directement liés à l’amélioration des soins palliatifs pour la même période;
  1. établir un processus visant à s’assurer que les établissements de santé recueillent les données sur les soins palliatifs dans les délais prescrits pour permettre à la Commission de chiffrer l’amélioration de leur accessibilité.

 

Vivre dans la Dignité est un organisme québécois autonome à but non lucratif, sans affiliation religieuse ou politique. Notre mission vise à promouvoir la protection de la vie et de la dignité inhérente des personnes rendues vulnérables par la maladie, la vieillesse ou le handicap, en leur assurant une fin de vie naturelle et respectueuse de la personne et de sa dignité par un accompagnement empreint de compassion.

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