Euthanasie et Alzheimer : chronique d’un dérapage annoncé

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Montréal, 24 février 2017 – Le meurtre d'une femme atteinte d’Alzheimer lundi à Montréal a entraîné une nouvelle pression pour étendre l’euthanasie, cette fois pour la rendre accessible aux personnes inaptes. Bien que l’enquête sur les circonstances du drame soit toujours en cours, tous les partis politiques ont sauté sur cette occasion pour tirer leur propre conclusion : on doit envisager d’étendre l’euthanasie.

Pourtant, le geste de désespoir causé par un homme qui avoue avoir « craqué » aurait dû avant tout amener le gouvernement du Québec à se questionner sur le manque de ressources pour soutenir les aidants naturels qui prennent soin d’un proche atteint d’une forme de démence comme l’Alzheimer. Malheureusement, le ministre de la Santé a plutôt déclaré qu’il est ouvert à l’idée d'offrir l’euthanasie comme solution à toute forme de démence.

Vivre dans la Dignité déplore cet empressement général à ouvrir une nouvelle porte d’accès à l’euthanasie pour répondre à un manque de ressources sur le terrain.

La première année d’euthanasie au Québec vient tout juste de s’achever avec 21 cas d’abus recensés par la Commission, et qui resteront sans conséquence. Si de tels abus sont déjà tolérés par les autorités – dont l’euthanasie de personnes qui n’étaient pas en fin de vie ou atteintes d’une maladie grave et incurable – il est d’autant plus inquiétant de penser aux abus prévisibles si l'euthanasie est étendue aux 230 000 personnes qui risquent d’être frappées par une telle maladie d’ici 15 ans au Québec, et dont on ne pourra plus vérifier le consentement au moment de leur mise à mort.

D’ailleurs, les Pays-Bas nous ont récemment fourni un exemple concret de l’aboutissement d’une telle mesure : une femme atteinte de démence a été euthanasiée contre sa volonté parce qu’elle était prisonnière de sa directive anticipée. Elle s’est même débattue pour résister au médecin qui voulait lui injecter le poison mortel, et ce dernier a finalement dû recourir à des membres de la famille pour la maintenir de force afin de s’assurer que soit respecté le verdict de son papier signé dans la fleur de l’âge.

Le tragique événement survenu lundi à Montréal a ouvert à nouveau le débat sur l’élargissement de la loi permettant l'euthanasie au Québec. Dans une optique de respect de la pluralité des opinions, Vivre dans la Dignité tient à faire partie des discussions qui auront prochainement dans les instances gouvernementales pour promouvoir la protection de la vie des personnes rendues vulnérables par la maladie, la vieillesse ou le handicap.

 

À propos de Vivre dans la Dignité

Vivre dans la Dignité est un organisme québécois autonome à but non lucratif, sans affiliation religieuse ou politique. Sa mission vise à promouvoir la protection de la vie et de la dignité inhérente des personnes rendues vulnérables par la maladie, la vieillesse ou le handicap, en leur assurant une fin de vie naturelle et respectueuse de la personne et de sa dignité par un accompagnement empreint de compassion.

Pour de plus amples renseignements, veuillez communiquer avec :

Aubert Martin, directeur-général

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