“Une petite piqure”

Je m’oppose à cette loi qui dit vouloir donner libre cours à l’aide médicale à mourir.  Même si on  laisse supposer que ce sera dans le meilleur des mondes et avec tout l’encadrement possible.

Je connais une personne qui a vécu en mai une hospitalisation à deux reprises, elle n’était pas en fin de vie malgré ses 88 ans sonnés. Elle a souffert terriblement, au point où elle demanda, à plusieurs reprises, « une petite piqure » pour mettre fin à toutes ses souffrances. Elle qui est totalement contre l’arrêt programmé de la vie ne serait plus de ce monde si cette loi avait existé...

Et le témoignage qu’elle m’a donné quelque de temps après son retour à la santé, c’est que maintenant que tout est passé, elle est heureuse et contente d’être en vie…  Étant en santé, elle apprécie à nouveau la vie…  Vous appelez cette loi aide médicale à mourir...  Comment pouvez-vous déterminer qu’une personne peut demander librement par elle-même, de façon répétée cette aide médicale à mourir en ayant le déclin de ses capacités?  Si je comprends bien, ce sera assez facile…

Quand le système banalisera la vie pour les uns, est-ce que ce sera pour les autres ensuite?  Et ces moments de grâce offerts lors de souffrance, qui en bénéficiera?  Nous aurons la liberté?... pas certaine car la souffrance force nos accompagnateurs à s’initier dans notre vie…  Alors que la liberté, c’est cette harmonie de notre être conscient avec les lois profondes qui sont inscrites en nous comme le dit si bien Yves Girard dans son livre Promis à la gloire : toi… Comme la femme enceinte qui doit faire confiance aux mécanismes de la gestation, il nous faut faire confiance à une main mystérieuse qui exige le respect de la vie.  La souffrance appelle à quelque chose de plus…

Mais pour ceux qui le veulent, il y a les soins palliatifs, ceux-ci existent déjà et sont suffisants pour éliminer la souffrance d’une personne en fin de vie.  Je l’ai vu lorsqu’une personne de ma famille est décédée d’un cancer des poumons. Et les médicaments administrés sont des soins et non pas un meurtre… Vous nous dites que cette loi est fondée sur votre compétence sur les soins de santé, que c’est un continuum de soin, est-ce que ce n’est pas plutôt un arrêt de soin?  Pourquoi est-ce qu’on joue sur les mots?

Ginette Grondin, Saint-Bernard, Beauce.

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