En réponse à “Si le suicide assisté est un droit, pourquoi ne l’est-il pas pour tous?”

Lettre envoyée en réponse à l'article de Andrew Coyne If assisted suicide is a right, how can it not be for all? (Si le suicide assisté est un droit, pourquoi ne l'est-il pas pour tous)

Andrew Coyne a raison quand il dit qu’il y a quatre ans, le Parlement a voté 226 contre 59 contre la légalisation de l’euthanasie. Il a également raison de dire que « bien de choses ont changé depuis lors ».

Il est difficile de comprendre comment l’opinion publique peut avoir changé en si peu de temps.

En 2010, le comité spécial sur la question de mourir dans la dignité a effectué un sondage dans lequel il n’y avait pas moyen d’exprimer son opposition totale à l’euthanasie ou au suicide assisté. Un sondage en ligne sur le même sujet a été limité aux personnes de plus de 45 ans.

Dans son article, Coyne fait aussi référence aux « préoccupations discréditées de l’argument de la pente glissante, des balises inadéquates et autres ».

Dans le Calgary Herald (17 juillet 2014), le professeur et éthicien néerlandais Theo Boer a déclaré qu’il avait eu tort de penser que les balises feraient en sorte que la légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie serait efficace. « Mais nous avions tort — terriblement tort, en fait. Avec le recul, la stabilisation du nombre était juste une pause temporaire. À compter de 2008, le nombre de ces décès montre une augmentation de 15 % par an, année après année. Le rapport annuel des comités pour 2014 a enregistré 4 188 cas (contre 1 882 en 2002). L’année dernière poursuit cette tendance et je pense que nous franchirons la ligne des 6000 cette année ou l’an prochain. » Il a fini en disant « certaines pentes sont vraiment glissantes ».

Au Québec, plus de 600 médecins ont exprimé leur opposition à l’euthanasie et au suicide assisté. En Belgique, où l’euthanasie a été approuvée pour les mineurs, 180 pédiatres se sont opposés à cette décision. Quand un expert parle du sujet dans lequel il est spécialisé, il a droit à une attention respectueuse. Certes, les médecins, en particulier ceux qui traitent quotidiennement avec la maladie quel que soit le stade de la vie, sont ceux à écouter.

Dans une conversation avec Rex Murphy sur CBC, le Dr Gerald van Gurp, un médecin de famille de Montréal qui se spécialise dans les soins palliatifs à la maison, dit qu’il ne veut pas continuer dans le domaine si la loi passe. Il a dit que dans ses 30 ans de soins palliatifs, il a rarement rencontré un cas où la douleur d’une personne ne peut être soulagée.

Pourquoi maintenant, alors que nous avons les méthodes les plus avancées de contrôle de la douleur, envisageons-nous de tuer des êtres humains? Il n’y a pas de dignité dans l’euthanasie ou le suicide assisté. Ce ne sont pas des soins de fin de vie. Comme les médecins opposés à ces mesures ont dit : « Tuer n’est pas un soin ».

Barbara Bagshaw
Dollards des Ormeaux

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