Aide médicale à mourir: une expérience paisible ou douloureuse?

Alors que le Sénat canadien continue d’étudier le projet de loi C-7,
ses membres se voient proposer des points de vue d’experts radicalement différents.
Sur la base de son étude des autopsies de criminels exécutés par injection létale aux États-Unis, le Dr Joel Zivot a déclaré qu’une mort assistée “pourrait être extrêmement douloureuse et s’apparenter davantage à une noyade”.

Nous vous invitons à prendre connaissance du témoignage dérangeant du Dr Zivot (citoyen canadien, professeur associé d’anesthésiologie et de soins intensifs à l’Université Emory d’Atlanta) qui fait la nouvelle – en anglais seulement – grâce à Joan Bryden de la Canadian Press https://www.ctvnews.ca/health/doctors-offer-duelling-views-of-what-it-s-like-to-receive-an-assisted-death-1.5293497.

AJOUT: la nouvelle reprise par la Presse canadienne
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1768269/aide-medicale-mourir-audition-medecins-senat-c-7

Vidéo de la prise de parole du Dr Zivot devant le comité du Sénat:


Pour la version originale de la vidéo, sans traduction française: https://www.facebook.com/vivredignite/posts/3219508718148698

Contacté par Vivre dans la Dignité, le Dr Zivot nous a partagé le résumé de son intervention. En voici une traduction française :
« À dessein, l’aide médicale à mourir dissimule l’expérience interne de la mort à l’observateur. La mort par AMM revient fondamentalement au même protocole qu’une exécution par injection létale aux États-Unis. À une importante exception près : l’AMM comprend l’injection d’une drogue paralysante qui bloque la capacité de bouger ou de respirer, mais ne bloque pas un possible état de conscience chez la personne mourante. Aux États-Unis, on a généralement abandonné l’utilisation du paralysant dans l’injection létale en raison de sa cruauté évidente. Tous les décès par AMM auront l’apparence extérieure d’une absence de lutte. L’AMM est la mort par noyade ou par strangulation. »
Les recherches du Dr Zivot rencontrent ici une opposition radicale de la part des praticiens de l’AMM. On ne peut toutefois pas rejeter du revers de la main les éléments préoccupants soulevés par le spécialiste. S’il y a la moindre possibilité que l’aide médicale à mourir ne soit pas l’expérience paisible que ses défenseurs nous promettent, il est de la responsabilité des décideurs publics fédéraux et provinciaux, et des Collèges de médecins, d’approfondir la question au cours des prochains mois. En commençant par exiger l’autopsie de personnes mortes par AMM.
À moins d’en arriver à conclure, hors de tout doute raisonnable, que les inquiétudes majeures du Dr Zivot ne s’appliquent pas chez nous, il ne reste à nos dirigeants politiques qu’à mettre le holà à l’expansion de l’accès à l’euthanasie au Canada. L’incertitude actuelle exige une prudence accrue et, donc, des amendements considérables au projet de loi C-7.

En suppplément:

L’enquête de la NPR (radio publique américaine) mentionnée par la Dr Zivot: https://www.npr.org/2020/09/21/793177589/gasping-for-air-autopsies-reveal-troubling-effects-of-lethal-injection

Son TedTalks:

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