Notre infolettre
Bonjour,
Deux excellentes nouvelles cette semaine avec le rejet d’une forme d’aide à mourir / suicide assisté par des parlementaires écossais et le dépôt d’un projet de la loi en Alberta qui propose une foule de nouvelle balises qui pourraient inspirer d’autres juridictions au Canada et dans le monde.
Nous revenons aussi sur les suites de notre communiqué de lundi sur la fin prévue de l’exclusion de l’AMM pour trouble mental au Canada, le 17 mars 2027 : deux entrevues et un appel à la mobilisation. Le printemps 2026 s’annonce particulièrement chargé, merci de votre soutien constant!
Jasmin Lemieux-Lefebvre
Coordonnateur
Réseau citoyen Vivre dans la Dignité
Un nouveau projet de loi prometteur en Alberta
« Safeguards
for Last Resort Termination of Life Act » :c’est le nom du projet de loi
présenté mercredi le 18 mars en Alberta (personne ne s’étant encore risqué à le
traduire, appelons-le « Loi établissant des balises pour la fin de vie
provoquée en dernier recours » (oui, il y a présence d’un euphémisme).
Nous vous invitons à prendre
connaissance du projet de loi 18 https://www.alberta.ca/release.cfm?xID=958511A2CE817-A924-E2A6-0D101236984ADB16
et de la conférence de presse de la première ministre de l’Alberta Danielle Smith,
de la Dre Ramona Coelho et du ministre de la Justice, Mickey Amery.
https://youtu.be/NIhBOwBRDMc?si=hJAjA_OPQVl7Q0XZ
Nous portons à votre attention les
interventions de la Dre Coelho tout au long de la conférence de presse. En autres :
« …dès le départ, les
communautés de personnes handicapées, les communautés autochtones, ainsi que de
nombreux experts juridiques et médicaux ont mis en garde le gouvernement
fédéral contre les risques de légaliser l’AMM sans assurer un équilibre avec la
protection des personnes vulnérables. »
« Quand l’issue est
la mort, le système doit respecter les normes les plus élevées de soins,
d’examen et de responsabilité. »
Dre Coelho fait partie de l’équipe d’examen de l’aide médicale à mourir du Bureau du coroner en chef de l’Ontario et elle est co-éditrice de « Unravelling MAiD in Canada: Euthanasia and Assisted Suicide as Medical Care », publié chez McGill-Queen’s
University Press avec le Pr Trudo Lemmens et le Dr K. Sonu Gaind.
La situation qui mène l’Alberta à proposer un tel projet de loi n’est pas différente de celui du Québec.
Le Québec exclut déjà le trouble mental de sa Loi concernant les soins de fin de vie et certaines solutions proposées seraient difficilement applicables au Québec en raison de la décision Gladu-Truchon. Par exemple : l’Alberta veut rendre possible l’AMM uniquement pour les personnes dont la mort est raisonnablement prévisible dans les 12 prochains mois.
D’autres options proposées cette province sont toutefois envisageables, telles que ces deux propositions:
– Il serait interdit au personnel soignant de proposer spontanément l’aide médicale à mourir aux patients; et ne pourrait en parler que si le patient en fait d’abord la demande.
– Interdiction d’afficher des information sur l’aide médicale à mourir dans les établissements de santé, afin de réduire toute influence ou pression sur les patients.
Nous avons hâte de suivre pour vous l’évolution et l’impact à venir de ce projet de loi.
L’Écosse dit non
Le Parlement écossais a rejeté cette semaine la légalisation
de l’ « aide à mourir », à 69 voix contre 57!
Comme Ségolène Perruchio de la Société française d’accompagnement
et de soins palliatifs – SFAP) le
rappelait sur LinkedIn, la légalisation de l’AMM / euthanasie / suicide
assisté « n’est pas un progrès inéluctable qui irait dans le sens de
l’histoire ».
Pour sa part, le médecin écossais Jonny Blackwell. qui a travaillé fort pour
défaire le projet de loi s’est réjoui du
résultat du vote :
« L’Écosse est plus lumineuse ce matin.
J’ai été profondément touché par les témoignages, tant pour
que contre.
J’espère que l’Écosse investira maintenant adéquatement dans
des soins palliatifs, psychiatriques et sociaux complets, afin que personne ne
souhaite jamais recourir au suicide assisté.
Nous avons choisi la voie la plus difficile, mais la
meilleure. Marchons-y ensemble ! »
AMM et trouble mental : suivis à notre communiqué de lundi
En
suivi à l’envoi de notre communiqué « Dans un an : fin de l’exclusion de
l’AMM pour trouble mental au Canada », nous avons obtenu deux entrevues
médiatiques :
Avec Richard Martineau, sur les ondes de QUB radio
https://youtu.be/sLRoY1GT4LE?si=eJu05VNlXQk6Gc2R
Avec Michel Bédard, à l’émission Les Capés de CKIA
À 46 :51
https://www.facebook.com/lescapesckia/videos/26718347807770946/
Nous suivrons attentivement les travaux du Comité mixte sur
l’aide médicale à mourir (AMAD). Toutefois, la voie la plus sûre pour bloquer cet élargissement est sans conteste le projet de loi C-218 que nous avons abordé dans notre communiqué.
Nous vous invitons à contacter votre député pour lui faire connaître, même brièvement, les raisons de votre appui à
C-218. Puisque l’on peut s’attendre au soutien des députés conservateurs, du NPD et du Parti Vert pour ce projet de loi, l’issue du vote dépendra alors du nombre de députés fédéraux libéraux qui seront prêts à l’appuyer. Si votre député est libéral, vous devez lui écrire.
Pour trouver les coordonnées de votre député :
https://www.noscommunes.ca/members/fr
Nous vous invitons à mettre l’accent sur les quatre principales préoccupations qui ont mené le Comité AMAD à recommander de maintenir l’exclusion de l’AMM pour trouble mental :
·
l’enjeu de l’irrémédiabilité : « …difficile,
pour ne pas dire impossible
de prédire avec précision le pronostic à long terme d’une
personne atteinte d’un trouble mental » ;
·
la difficulté à distinguer ces demandes d’AMM
des demandes
motivées par des idées suicidaires ;
·
l’absence de consensus parmi les professionnels
;
·
les impacts sur la protection des personnes
vulnérables.
Conférence de Trudo Lemmens à Montréal ce samedi
Le Collectif des médecins contre l’euthanasie vous invite à
une conférence du professeur Trudo Lemmens, Professeur et Titulaire de la
Chaire Scholl en droit et politique de la santé, Université de Toronto
Dérapages sérieux dans la pratique de l’AMM : où sont les
sanctions ?
Samedi 21 mars, 2026 à 15h30
Pavillon Sherbrooke de l’UQAM, 200 Sherbrooke Ouest,
Montréal, Salle SH-3220
https://plancampus.uqam.ca/pavillon-sh
Entrée gratuite
Après
avoir fait une présentation à l’Université McGill le 20 mars, le professeur
Lemmens discutera ce samedi des problèmes liés à la pratique actuelle de l’AMM
au Canada, informée entre autres par des données probantes de l’Ontario.
MAR
2026
