Votre infolettre VDD
Bonjour,
En ce début des vacances de la construction au Québec, une brève infolettre pour vous relayer quelques infos, car les enjeux sur lesquels nous œuvrons ne prennent pas de pause estivale!
Merci de votre soutien au cœur de l’été,
Jasmin Lemieux-Lefebvre
Coordonnateur
Réseau citoyen Vivre dans la Dignité
Adoption de la loi sur l’« aide à mourir » en France
Les députés français ont adopté le 15 juillet un droit à l’« aide à mourir » (suicide assisté et euthanasie). Nous tenons à rappeler notre solidarité avec tous ceux et celles qui ont défendu la vision des soins palliatifs de soulager les souffrances physiques, psychologiques, sociales et spirituelles / existentielles, sans jamais provoquer la mort. Leur travail se poursuit. Le nôtre aussi.
Trois observations :
1) La couverture médiatique au Québec a surtout passé par les textes de l’Associated Press et de l’Agence France-Presse. Dans chaque texte, la voix critique provenait de l’association Alliance Vita dont nous saluons le porte-parole Tugdual Derville: « Tout doit être mis en œuvre pour offrir aux personnes qui souffrent un accès immédiat aux soins de soulagement et d’accompagnement. Proposer la mort comme une issue souhaitable ne saurait constituer une réponse acceptable à la souffrance et s’avère contraire à la dignité humaine. »
2) Un Observatoire de l’aide à mourir et un Espace de réflexion éthique sur l’aide à mourir verront le jour en France. Chapeau aux cofondateurs du Collectif Démocratie, Ethique et Solidarités (Emmanuel Hirsch et Laurent Frémont ) pour cette
initiative.
3) Nous vous recommandons vivement la vidéo
« Aide à mourir » : ce que le texte propose vraiment », sur la chaîne YouTube « Za », consacrée aux contenus sur la psychologie critique.
https://youtu.be/cF59VTq928A?si=1kQTxPCzuTe2ZhWg
La première partie de la vidéo répond de façon magistrale à l’argumentaire d’un député français qui cite Victor Hugo (« Ce n’est rien de mourir, mais c’est affreux de ne plus vivre ») pour appuyer le projet de loi.
La seconde partie rappelle avec brio l’argumentaire développé par le mouvement anti-capacitiste (anti-validiste en France) pour s’opposer à l’euthanasie / suicide assisté / aide à mourir.
Lobby actif en faveur de l’AMM pour trouble mental
La recommandation du comité fédéral AMAD de ne pas aller de l’avant pour permettre l’AMM de personnes dont le seul problème médical est une maladie mentale fait réagir. Deux lettres ouvertes publiées en fin de semaine dernière nous rappellent que des voix s’activent pour influencer la réponse du gouvernement qui sera exprimée par le ministre de la justice Sean Fraser (échéance inconnue : il prend le temps de consulter pendant la période estivale).
1) AMM et trouble mental: il faut faire confiance aux professionnels de la santé et aux patients concernés (signée dans Le Devoir par Laurent Boisvert, Mona Gupta et Valérie Fernandez, respectivement président de l’Association québécoise pour le droit de mourir dans la dignité; psychiatre et chercheuse au CHUM, ex-présidente du Groupe d’experts sur l’AMM et la santé mentale; présidente de l’Ordre des travailleurs sociaux et des thérapeutes conjugaux et familiaux du Québec, travailleuse sociale).
2) Troubles mentaux: offrir l’aide médicale à mourir pour contrer le suicide (signée dans Le Soleil par Dre Chantal Descoteaux et Dr Claude Gagnon qui ont été médecins examinateurs auprès du coroner au Saguenay et praticiens de l’aide médicale à mourir).
La première lettre évoque l’argumentaire traditionnel tandis que la seconde propose un angle troublant. En réponse, nous rappelons ces paroles du psychiatre John Maher, tirées de son
témoignage devant le comité AMAD : « L’idée que le suicide assisté est préférable à une mort tragique passe complètement à côté de l’essentiel. Ce qui est préférable, c’est un traitement visant à prévenir une mort tragique aussi bien que l’aide médicale à mourir. »
Nous appuyons la lettre ouverte du 3 juillet dans Le Soleil signée par Georgia Vrakas, Ph.D., psychologue, professeure agrégée au Département de psychoéducation et travail social de l’Université du Québec à Trois-Rivières :
L’aide médicale à mourir pour la maladie mentale: la fin du débat?.
N’hésitez pas à intervenir dans l’espace public sur cet enjeu tout au long de l’été!
Réflexion sur le film « 125, rue des Malaises »
La comédie dramatique québécoise « 125, rue des Malaises », sortie au cinéma le 16 juillet, aborde le sujet de l’aide médicale à mourir, mais nous n’en ferons pas la critique. Le sujet est exprimé dans un contexte de fiction où l’aide médicale à mourir serait possible pour des personnes qui ne sont pas malades. Il sert de prétexte pour évoquer des relations familiales, tantôt difficiles, tantôt touchantes. En entrevue au 98.5FM à Montréal (à 6:30), l’acteur Rémy Girard avait ceci à dire au sujet de son personnage : « l’absurdité, c’est qu’il n’est pas malade (…), il est convaincu qu’il va demander l’AMM (…). La comédie est là ». Malheureusement, dans le contexte québécois, l’AMM pour la « fatigue de vivre » fait toujours partie « des cas à approfondir » selon le Collège des médecins du Québec qui retient son positionnement à ce sujet (voir ce document de 2021).
Revue de presse
Aide médicale à mourir – Je ne vois pas la « belle mort », La Presse
Superbe lettre de Thomas de Gabory, prêtre dominicain, œuvre
en soins palliatifs à l’Hôpital général juif de Montréal. Il est également professeur à la faculté de médecine à l’Université McGill. Nous aimons beaucoup l’introduction de La Presse:
« L’auteur croit qu’une fin de vie accompagnée en soins palliatifs peut être un temps où tout est encore possible »
Les réactions à la lettre publiées par La Presse. Ce ne sera pas une surprise: nous partageons la vision exprimée par Céline Roy et Geneviève Thibault.
Aide médicale à mourir et handicap
Un rapport sur les sondages d’opinion sur le sujet, par Cardus.
« My friend does not have to die » / Mon amie n’a pas à mourir
« Elle m’a annoncé qu’elle avait été approuvée pour recevoir l’aide médicale à mourir (AMM). Depuis, je peine à comprendre ce que l’on demande aux Canadiens d’accepter. »
Une lettre de Tricia Toso, dans la Montreal Gazette
Gare au portrait idéalisé de la loi légalisant l’aide médicale à mourir
Notre lettre ouverte publiée en page éditoriale du quotidien Le Devoir.
JUL
2026
