Gare au portrait idéalisé de la loi légalisant l’aide médicale à mourir

Notre lettre ouverte en page éditoriale du Devoir

Signée le 18 juin 2026, elle est parue dans le quotidien Le Devoir du samedi suivant (le 20). La voici dans son intégralité.

Nous soulignions cette semaine le 10e anniversaire de l’entrée en vigueur de la loi légalisant l’aide médicale à mourir au Canada, le 17 juin 2016. Le reportage de La Presse canadienne publié le 15 juin pour souligner l’influence du Québec dans cette évolution présente un portrait largement idéalisé qui passe difficilement la rampe en 2026. La pièce documentaire de Manuelle Légaré (Club sandwich mayonnaise, produite par Porte Parole) et le dossier à la une du magazine L’Actualité de juin, par exemple, illustrent clairement des problématiques impossibles à nier. Dérives de la promesse initiale du « soin de dernier recours », manque de véritable choix en raison d’un accès insuffisant aux soins et aux services adéquats, absence de données sur les soins palliatifs (qualité et accès), pressions plus ou moins subtiles exercées sur la personne malade ou handicapée : les enjeux se révèlent maintenant trop nombreux pour les glisser sous le tapis.

Une influence du Québec à ne pas oublier demeure celle du rejet de l’aide médicale à mourir pour trouble mental. Nous nous réjouissons que la toute nouvelle recommandation du comité fédéral sur l’aide médicale à mourir, « exclure indéfiniment de l’admissibilité à l’AMM les personnes dont le seul problème médical sousjacent est une maladie mentale », suive la voie du Québec sur cet enjeu.

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