Dans un an : fin de l’exclusion de l’AMM pour trouble mental au Canada

Deux voies concrètes pour bloquer cet élargissement controversé

Capture d’écran du site du ministère de la Justice du Canada.

Montréal, 16 mars 2026 – Si rien n’est fait d’ici le 17 mars 2027, cette date deviendra celle où les personnes dont la maladie mentale est la seule condition médicale pourront avoir accès à l’aide médicale à mourir au Canada. Ces personnes devront aussi respecter les autres critères de la loi, mais aucune nouvelle balise n’est prévue à ce jour. Le réseau citoyen Vivre dans la Dignité espère que les parlementaires fédéraux se joindront d’ici là au consensus clair établi au Québec, qui maintient l’exclusion du trouble mental dans sa loi (article 26).

Pour bloquer cet élargissement, deux voies se profilent à l’horizon :

Projet de loi C-218

Ce projet législatif privé (présenté sous un angle non partisan par la députée conservatrice Tamara Jansen) vise à modifier le Code criminel afin de prévoir « qu’un trouble mental n’est pas un problème de santé grave et irrémédiable à l’égard duquel une personne pourrait recevoir l’aide médicale à mourir ». Lors de la dernière tentative du genre (le projet de loi C-314) en 2023, le résultat avait été serré : 150 contre 167. Tous les députés du Parti conservateur, du Nouveau Parti démocratique et du Parti vert l’avaient appuyé, ainsi que huit députés du Parti libéral. Étonnamment, le Bloc québécois s’y opposait, s’affichant à l’opposé du consensus québécois et de la Loi concernant les soins de fin de vie.

Le projet de loi C-218 poursuit son chemin à la Chambre des communes et demeure la manière la plus sûre de bloquer la fin de l’exclusion pour trouble mental.

Comité mixte sur l’aide médicale à mourir (AMAD)

Ce comité, composé de 10 députés et de cinq sénateurs, est formé pour une troisième fois. Après sa première rencontre mardi dernier, il doit maintenant réviser l’admissibilité et évaluer la préparation du pays à un accès à l’AMM lorsque le seul problème médical sous-jacent d’une personne est une maladie mentale. En 2024, c’est ce comité qui avait recommandé de reporter l’exclusion de l’AMM pour trouble mental.

Les raisons invoquées à l’époque étaient nombreuses, notamment :

  • l’enjeu de l’irrémédiabilité : « …difficile, pour ne pas dire impossible
    de prédire avec précision le pronostic à long terme d’une
    personne atteinte d’un trouble mental » ;
  • la difficulté à distinguer ces demandes d’AMM des demandes
    motivées par des idées suicidaires ;
  • l’absence de consensus parmi les professionnels ;
  • les impacts sur la protection des personnes vulnérables.

Comme ces raisons demeurent toujours pertinentes en 2026 et pour les années à venir, le réseau citoyen Vivre dans la Dignité espère que le projet de loi C-218 et les travaux du comité AMAD mèneront au rejet permanent de cet élargissement fortement controversé de l’accès à l’AMM au pays. Ce choix respecterait une recommandation importante du dernier rapport sur le Canada préparé par le Comité des droits des personnes handicapées de l’Organisation des Nations unies : « abroger la voie 2 de l’aide médicale à mourir (lorsque la mort naturelle n’est pas raisonnablement prévisible), y compris en 2027 pour les personnes dont le seul problème médical est une maladie mentale ».

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Pour des entrevues ou pour approfondir le dossier :

Jasmin Lemieux-Lefebvre
Coordonnateur
Réseau citoyen Vivre dans la Dignité
info@vivredignite.org

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