Des enjeux qui méritent deux projets de loi distincts
Montréal, 7 octobre 2026 – Le ministre de la Justice, Sean
Fraser, et la ministre de la Santé, Marjorie Michel, ont
annoncé ce midi l’intention du gouvernement fédéral canadien de présenter plus
tard cet automne un projet de loi visant deux enjeux liés à l’aide médicale à
mourir (AMM). Un seul projet de loi servirait à la fois à bloquer
l’élargissement prévu de l’accès à l’AMM lorsque la maladie mentale est la
seule condition médicale sous-jacente ET à modifier le Code criminel afin de
permettre les demandes anticipées d’AMM. Face à cette annonce, le réseau
citoyen Vivre dans la Dignité est persuadé que ces deux questions méritent deux
projets de loi distincts.
Vivre
dans la Dignité se réjouit de voir le gouvernement fédéral accueillir
favorablement la recommandation du comité mixte sur l’aide médicale à mourir visant
à « modifier le Code criminel afin d’exclure indéfiniment de l’admissibilité à
l’AMM les personnes dont le seul problème médical sous‑jacent est une maladie
mentale ». Du même souffle, le réseau citoyen exprime sa profonde inquiétude face
à l’intention du gouvernement fédéral de permettre les demandes anticipées d’AMM
« aux adultes diagnostiqués avec une maladie comme l’Alzheimer à un stade
précoce ».
D’autres
groupes et individus expriment sans doute une réaction inverse : déception
pour les cas de maladie mentale et joie pour les demandes anticipées. Les
opinions sont tout aussi partagées parmi les députées et députés de toutes les
familles politiques, dont le Parti libéral au pouvoir.
«
Le gouvernement canadien fait fausse route en incluant deux enjeux
fondamentalement différents dans un même projet de loi. D’autant plus que ces
deux questions engagent la conscience des parlementaires » a réagi Jasmin
Lemieux-Lefebvre, coordonnateur de Vivre dans la Dignité.
Le
projet de loi C-218 défait
Le
projet de loi privé visant à bloquer l’AMM pour trouble mental (C-218) a été
rejeté en fin de journée par 187 voix contre 141 (Pour : les conservateurs, les
néo-démocrates, les verts et deux libéraux. Contre : les libéraux et les
bloquistes. Une abstention libérale). Nous souhaitons reprendre les mots
du ministre libéral Sean Fraser qui a remercié la députée conservatrice Tamara
Jansen de défendre cette cause avec ce projet de loi. Les raisons invoquées par
le gouvernement pour ne pas appuyer C-218 (dont l’emploi de l’expression
“trouble mental” plutôt que “maladie mentale”) nous semblent partisanes, car le
projet de loi aurait pu facilement faire l’objet d’amendements.
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Pour des entrevues ou pour approfondir le dossier :
Jasmin Lemieux-Lefebvre
Coordonnateur
Réseau citoyen Vivre dans la Dignité
info@vivredignite.org
OCT
2026
