Interventions en marge du débat français sur l’aide à mourir, pistes d’«accompagnement compatissant» et revue de presse

Bonjour,

Les projets de loi sur l’aide à mourir et les soins palliatifs reviennent à l’Assemblée nationale en France ce lundi 16 février et un vote solennel est attendu le 24. En marge de ces débats, nous vous partageons aujourd’hui des déclarations de l’Ordre national des médecins, de l’Ordre national des infirmiers et de l’Association internationale de soins palliatifs.

Vous trouverez aussi dans cette infolettre une présentation du nouveau document proposé par les évêques catholiques du Québec pour « l’accompagnement pastoral des personnes en fin de vie ». Comme réseau citoyen, nous avons souvent hésité à partager les prises de parole de groupes religieux pour ne pas brouiller les argumentaires. Nous estimons désormais que notre approche apolitique et areligieuse ne devrait jamais nous empêcher de mettre de l’avant des prises de parole de la société civile qui nous permettent de dialoguer de façon constructive sur les enjeux liés à la fin de vie.

N’hésitez pas à nous faire part de votre point de vue sur ce choix. Nous le considérons cohérent avec notre volonté d’échanger avec le plus grand nombre sur les enjeux qui vous tiennent à cœur autant qu’à nous.

Joyeux carnaval à tous ceux et celles qui le célèbrent à Québec (le meilleur!) ou ailleurs,

Jasmin Lemieux-Lefebvre
Coordonnateur
Vivre dans la Dignité

Débats en France : déclarations de l’Ordre national des médecins et de l’Association internationale de soins palliatifs

À quelques jours du retour des échanges sur la proposition de loi relative au droit à l’aide à mourir et celle visant à garantir l’égal accès de tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs, nous tenons à vous partager deux prises de parole publiées cette semaine qui tranchent avec le panorama québécois où l’aide médicale à mourir fait partie intégrante du continuum de soins.


1) L’Association internationale de soins palliatifs et de fin de vie.
Extrait (lettre complète sur la page LinkedIn de Dre Claire Fourcade, responsable du Pôle plaidoyer de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs) :

En 2020, l’Association internationale de soins palliatifs et de fin de vie (AISP), en tant qu’acteur non étatique en relations officielles avec l’OMS, a publié une définition issue d’un processus de consensus mondial, s’appuyant sur la définition de l’OMS de 2002. Les soins palliatifs y sont définis comme :

«la prise en charge active et globale de personnes de tous âges présentant des souffrances dues à une maladie grave, en particulier celles qui marquent la fin de la vie».

Parmi ses différentes composantes, cette définition reconnaît que les soins palliatifs n’ont pour objectif ni de hâter ni de retarder la mort, qu’ils affirment la vie et qu’ils considèrent la mort comme un processus naturel. Cet article a été cité plus de 2200 fois par la communauté scientifique internationale. La position de l’AISP est qu’aucun pays ni aucun État ne devrait envisager la légalisation de l’euthanasie ou du suicide médicalement assisté tant qu’un accès universel aux soins palliatifs et à des médicaments appropriés n’est pas garanti.

Capture d'écran de la lettre de l'AISP.

2) L’Ordre national des médecins et l’Ordre national des infirmiers.
Extrait (texte complet) :

(Ils) réaffirment avec force : la priorité absolue doit être la mise en œuvre d’une véritable politique nationale de soins palliatifs. Celle-ci doit garantir le déploiement d’équipes de soins palliatifs dans tous les départements, ainsi que la création et la montée en charge de maisons d’accompagnement et de soins palliatifs, adaptés aux besoins des patients et de leurs proches. Le médecin et l’infirmier doivent«accompagner le mourant jusqu’à ses derniers moments, assurer par des soins et mesures appropriés la qualité d’une vie qui prend fin, sauvegarder la dignité du malade et réconforter son entourage». Ils ne peuvent«provoquer délibérément la mort».

« L’accompagnement compatissant », idée-phare d’un nouveau document de l’AECQ

À l’occasion de la Journée mondiale du malade (11 février), l’Assemblée des évêques catholiques du Québec (AECQ) a lancé un document intitulé « Pistes d’accompagnement pastoral des personnes en fin de vie ». Nous vous invitons à consulter ce document de 35 pages qui reflète l’approche d’un acteur de la société civile dont la voix a encore un impact significatif au sein de la société québécoise.

Les motivations pour promouvoir les soins palliatifs et s’opposer respectueusement à l’aide médicale à mourir et à l’acharnement thérapeutique peuvent être multiples. Nous saluons « l’idée-phare » développée dans cet outil : l’accompagnement compatissant.

D’un point de vue pratique, nous nous intéressons particulièrement aux questions soulevées en page 7 du document. De nombreux passages s’adressent à quiconque s’interroge sur le choix de fin de vie d’un proche. À titre d’exemples :

– Devrais-je insister pour éclairer la conscience de la personne qui a fait la demande, afin qu’elle revienne sur sa décision?

– Devrais-je plutôt éviter de troubler sa conscience afin qu’elle puisse «partir en paix»?

– Quelles voies peut-on tracer entre ces deux options qui semblent diamétralement opposées ?

Nous répondons en partie à ces questions dans notre outil en ligne : www.aideavivre.org.

Quelle que soit votre appartenance ou absence d’appartenance à une tradition religieuse, le document des évêques catholiques mérite votre attention. 

Invitation : Recherche sur les connaissances et perceptions des demandes anticipées d’aide médicale à mourir

Voici une recherche approuvée par le Comité d’éthique de la recherche de l’Université Laval à laquelle nous vous invitons à participer :

Dans le cadre d’un projet de recherche exploratoire dirigée par Anne-Marie Savard professeure titulaire à Université Laval, nous souhaitons interroger des personnes de 65 ans et plus ainsi que des proches aidants sur leurs connaissances et perceptions des demandes anticipées d’aide médicale à mourir (DAAMM). L’objectif principal de la recherche est de documenter et mieux comprendre les pratiques actuelles en lien avec la formulation des demandes anticipées d’aide médicale à mourir en consultant les parties impliquées incluant des personnes de 65 ans et plus et des proches aidants.

L’entretien d’environ 45 minutes se déroulera en ligne via Microsoft Teams. Il sera enregistré de façon audio avec votre consentement.

Pour participer, veuillez écrire à ariane.plaisance@fsi.ulaval.ca.

À voir, lire ou entendre

Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Ut elit tellus, luctus nec ullamcorper mattis, pulvinar dapibus leo.

Add Your Heading Text Here

1) L’Alliance des maisons de soins palliatifs du Québec compte maintenant sur l’expertise d’une directrice générale pour poursuivre sa mission, Marie-Julie Tschiember. Chapeau!

Communiqué de presse.

2) L’aide médicale à mourir est banalisée. Et si l’accès aux soins palliatifs était en cause?
Texte sur Options politiques. Dre Leonie Herx, Rebecca Vachon et Dr Peter Tanuseputro, spécialistes en santé publique et médecine palliative mandatés par Cardus, décortiquent les rapports annuels de Santé Canada des six dernières années concernant l’AMM. Ce qu’ils découvrent soulève des doutes sur la réelle portée du « choix éclairé ».

3) L’AMM du jeune Kiano Vafaeian en C.-B. après avoir été rejeté à plusieurs reprises en Ontario.

Reportage de Global News (vidéo de 2 min. sous-titres traduits disponibles sur YouTube)

Kiano Vafaeian avait 26 ans lorsqu’il a reçu l’aide médicale à mourir (AMM) le 30 décembre. Sa famille indique qu’il vivait avec un diabète de type 1 et une perte partielle de la vue, mais précise que son plus grand combat concernait sa santé mentale, ce qui, selon eux, aurait dû le rendre inéligible à l’AMM. « Il disait tout ce que les médecins avaient besoin d’entendre pour obtenir l’approbation », a déclaré Margaret Marsilla, la mère de Vafaeian. « Ressentait-il vraiment cela? J’en suis fermement convaincue : non. »

La nouvelle a été couverte partout au pays et à l’international, mais aucune couverture en français à ce jour. Dossier approfondi par la journaliste Rupa Subramanya dans The Free Press (mur payant).


4) Nouvelles réactions en faveur du projet de loi C-218 pour contrer l’élargissement de l’AMM lorsque le seul problème médical est une maladie mentale :

– Par la maman de Kiano (voir ci-dessus), Margaret Marsilla
Vidéo de 5m33s sur Facebook

– Par la Conférence des évêques catholiques du Canada
Rejet de l’ « aide médicale à mourir » pour les troubles mentaux.

 

5) Projet de loi fédéral C-260 Loi sur la prévention de la contrainte à l’égard des personnes qui ne cherchent pas à obtenir l’aide médicale à mourir

Présentation
Site internet préparé par le député conservateur Garnett Genuis
Entrevue de 16 min. par  The Hub Canada

L’intention du projet législatif est noble, mais nous l’accueillons avec réserve car il se limite uniquement aux « employés du gouvernement du Canada ou d’une province, autre qu’un médecin ou un infirmier agréé ». On ne peut limiter le problème de coercition / proposition inopportune ou répétée de l’AMM à ces seules figures d’autorité.

 

6) Dossier The Breach (site d’information progressiste de langue anglaise)

Le Canada évite de répondre à l’examen de l’ONU sur l’aide médicale à mourir, par Simon Spichak.

Les appels lancés par des défenseurs des droits des personnes handicapées et par l’ONU pour suspendre l’élargissement de l’aide médicale à mourir sont demeurés en grande partie sans réponse de la part du gouvernement fédéral.

Balado avec la chercheuse  Megan Linton – Des Canadiens en situation de handicap réclament des options pour vivre — et non l’aide médicale à mourir.

7) Quand vieillir chez soi devient imprudent : mobilisation pour une politique de soutien à domicile ambitieuse

Communiqué de la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles que nous sommes fiers de signer avec une vingtaine d’organismes.

0