Belle et heureuse année 2026!
C’est avec de belles nouvelles que nous débutons l’année : tout d’abord le rejet par une majorité de sénateurs français de l’article sur l’« aide à mourir » qui, selon le journal Le Monde, fixait « les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie ». Comme vous le verrez, ce rejet n’est pas un point final au dossier.
Dans cette première infolettre de l’année, nous évoquerons aussi une prise de position de l’Association internationale pour la prévention du suicide passé sous le radar à la fin de l’année 2025.
De grands défis nous attendent en cette nouvelle année. Merci de votre soutien fidèle!
Jasmin Lemieux-Lefebvre
Coordonnateur
Réseau citoyen Vivre dans la Dignité
Le Sénat français rejette un article-clé pour la création d’un « droit à l’aide à mourir »
C’est de cette manière que Le Monde annonçait la nouvelle :
« Les sénateurs se sont opposés, mercredi 21 janvier, à la création de toute forme d’aide à mourir lors des débats sur la fin de vie, l’hémicycle dominé par la droite enterrant cette réforme sociétale majeure qui devrait toutefois bientôt revenir à l’Assemblée nationale.
Très chaotiques et confus, les débats ont tourné court avec le rejet d’un premier article fixant les conditions requises pour accéder à un dispositif de suicide assisté ou d’euthanasie, supprimé par 144 voix contre et 123 pour. »
Une opposition pour bloquer l’ouverture de l’aide à mourir d’un côté, et de l’autre, parce que la version révisée par le Sénat était jugée trop restrictive par certains groupes politiques.
En début de semaine, nous avons publié un billet de blogue pour bien saisir les enjeux de ce débat. Vous y trouverez :
– le décryptage de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs;
– le texte du Journal du Dimanche, Légalisation de l’euthanasie : ce que nous enseigne l’exemple québécois avec des témoignages du couple de Nicolas Bergeron et de Noémie Cloutier (rappel de leur Gofundme) et de Jonathan Marchand;
– le dossier de Mediapart sur l’AMM au Québec;
– des liens pour suivre les travaux du Sénat et les initiatives des groupes Les Éligibles et leurs Aidants et Fondapol, sans oublier la lettre ouverte signée par l’auteur Michel Houellebecq, Emmanuel Hirsch et Laurent Frémont.
https://vivredignite.org/assistance-medicale-a-mourir-le-debat-francais-reprend
Nous y ajoutons aujourd’hui cette magnifique bande dessinée courte de Mathilde François, partagée
le 20 janvier sur son compte Facebook : Euthanasie, un progrès social pour qui ?
Version initiale mise en ligne sur son blogue en mai dernier :
https://lavieacroquer.wordpress.com/2025/05/22/inapte-episode-18-euthanasie-un-progres-social-pour-qui.
Prise de parole de l’Association internationale pour la prévention du suicide sur l’AMM pour trouble mental
Le 1er décembre dernier, l’Association internationale pour la prévention du suicide diffusait un document important passé sous le radar au Canada : Énoncé de position de l’AIPS sur le suicide assisté et l’euthanasie. Alors que le Canada prévoit toujours ouvrir la porte en mars 2027 à l’AMM lorsque le seul problème médical sous-jacent d’une personne est une maladie mentale, la lecture de ce document est essentielle. Sa conclusion :
L’AIPS est préoccupée par le fait que, selon la recherche actuelle, il est impossible de prédire avec fiabilité quelles personnes vivant avec un trouble mental auront un pronostic défavorable ou sans espoir, et lesquelles connaîtront une amélioration importante, avec ou sans traitement. Par conséquent, l’accès au
suicide assisté et à l’euthanasie ne devrait pas être permis lorsque la souffrance est uniquement liée à un trouble mental.
Pour lire le document original en anglais.
Pour la traduction française que nous avons publiée sur notre site internet.
La Semaine nationale de prévention du suicide arrive à grands pas (1er au 7 février 2026). Nous vous invitons à profiter de tous les outils offerts par l’Association québécoise de prévention du suicide sous le thème « Tendre la main, soutenir l’espoir » https://aqps.info/semaine-nationale-de-prevention-du-suicide.
Pétition : Accès universel sans frais supplémentaires pour le soutien à domicile
Comme fier signataire de cette prise de position
collective sur la nouvelle politique de soutien à domicile de la CAQ, nous
vous invitons à signer cette pétition pour un accès universel sans frais
supplémentaires pour le soutien à domicile. Nous saluons le dynamisme de
l’instigatrice de cette initiative, Ariane Carpentier, organisatrice
communautaire à la Clinique communautaire de Pointe-Saint-Charles. Pour
signer la pétition :
https://www.assnat.qc.ca/fr/exprimez-votre-opinion/petition/Petition-11793/index.html
À voir, lire ou entendre
– QUB Radio : Le Québec champion du
monde de l’Aide Médicale à Mourir: «Ça ne m’inquiète pas, ça me rassure même».
L’analyse étonnante de l’ancien ministre de la Santé Gaétan Barrette,
maintenant chroniqueur pour les médias de Québecor.
– Radio-Canada :
Un procès sur l’exemption religieuse à l’aide médicale à mourir s’ouvre à
Vancouver. Une cause qui pourra influencer l’évolution du
dossier dans lequel « l’archevêque
de Montréal conteste une partie de la loi québécoise sur l’aide médicale à
mourir, qui contraint la Maison St-Raphaël, une ancienne église reconvertie en
maison de soins palliatifs, à administrer l’aide médicale à mourir ».
– Chronique de Bert Keizer, médecin
prestataire d’euthanasies aux Pays-Bas : Étrangement déroutant, le
nombre de fois où des médecins canadiens pratiquent l’euthanasie.
Pour
des extraits en français et en anglais.
– La Voix de l’Est : Dix
ans après son arrivée, l’aide médicale à mourir est-elle bien assimilée?
Des entrevues avec des artisans de la maison de soins palliatifs Au Diapason
et du CIUSSS de l’Estrie. Selon la Dre Alexandra Cayer du CIUSSS, « la majorité
des médecins ou des IPS qui refusent de donner l’AMM le font par manque de
disponibilité, et non parce qu’ils sont contre ce type de soin ». Oui, une
majorité de médecins appuient l’offre de l’AMM au Québec, mais si moins de 10%
des médecins québécois ont administré l’AMM en 2024-25, ce n’est pas
principalement « par manque de disponibilité ». En 2019, une étude de Marie-Eve
Bouthillier et de Lucie Opatrny concluait que « la raison la plus souvent
invoquée ne repose pas sur des motifs moraux ou religieux. Il s’agit plutôt du
fardeau émotionnel associé à cet acte et de la crainte de répercussions
psychologiques, qui constituent les motivations les plus fréquemment exprimées
pour ne pas participer à l’aide médicale à mourir ».
Un peu moins de 3 % des AMM
administrées en 2024-2025 l’ont été par une infirmière praticienne spécialisée.
Un sondage accompagnait cet
article. La question : L’aide médicale à mourir est entrée en vigueur il y
a 10 ans déjà. Si vous répondiez aux critères pour y recourir, choisiriez-vous
cette option?
Voici les réponses qui nous invitent à poursuivre notre travail pour démontrer
que les soins palliatifs permettent de mourir dans la dignité, sans l’ombre
d’un doute.
JAN
2026
