Sur notre radar pour la rentrée, décryptage d’un dossier à la une et revue de presse

Bonjour,

Retour des vacances pour le réseau citoyen Vivre dans la Dignité en ce début de campagne électorale au Québec que nous suivrons de près pour vous. Beaucoup d’informations à vous transmettre pour la rentrée.

Merci de votre soutien à notre mission,

Jasmin Lemieux-Lefebvre
Coordonnateur
Réseau citoyen Vivre dans la Dignité

Décryptage de la une du Journal de Montréal du 4 août

Au début du mois, le Journal de Montréal et Le Journal de Québec proposaient ce titre à la une :

L’article était accompagné d’une photo de Mme Caroline Goulet, décédée le 16 juillet 2026, à l’âge de 47 ans.

Capture d’écran du dossier.

Le premier article portait sur la fin de vie de Mme Goulet qui se réjouissait de pouvoir donner ses organes à quatre personnes à la suite de son aide médicale à mourir. Elle vivait avec la sclérose en plaques. Le second évoquait le nombre record de 27 Québécois qui ont choisi l’an dernier de donner leurs organes après leur AMM.

Dès la publication du texte, nous avons réagi via nos réseaux sociaux en offrant nos condoléances à ses proches et en rappelant les nombreuses questions éthiques soulevées par ce geste : « Lorsque le don semble encouragé par les professionnels de la santé ou les membres de la famille, cela peut créer un sentiment d’obligation ou influencer d’une autre manière la décision du patient de procéder à l’AMM. (…) De plus, les attentes morales placées sur les patients pourraient les dissuader de reconsidérer leur décision, par crainte de décevoir leur entourage. » (extrait traduit de D. Rodríguez-Arias et al., « Organ Donation After Medical Aid in Dying: An Ethical Overview », Bioethics 40, no. 3 (2026): 350–358).

Le 8 août, Jonathan Marchand, président de Coop ASSIST et défenseur des droits des personnes handicapées publiait un texte qui allait devenir viral (1 200 réactions, 337 partages sur Facebook). Il relayait ce balado de 2024 sur YouTube « La Sclérose en plaques j’en parle avec Caroline Goulet ». Mme Goulet y exprimait différentes problématiques traduisant un manque évident d’aide au quotidien.

Nous vous invitons à lire quelques commentaires (+660!) sous la publication de M. Marchand qui a pris le soin de répondre avec tact à beaucoup d’entre eux. Chapeau!

Nous avons exprimé au journaliste notre malaise au sujet de l’absence de mention du manque d’accès aux soins et services en amont de l’AMM de Mme Goulet. Nous allons également suggérer à Transplant Québec de ne plus promouvoir de cette façon le don d’organes de personnes allant recevoir l’AMM. L’approche de Transplant Québec a toujours été de ne pas aborder la question du don d’organes avant qu’une personne ne voie sa demande d’AMM approuvée. La promotion en amont auprès d’un large public peut amener une personne à considérer une mort soi-disant « altruiste » plutôt que de se battre pour accéder aux soins et services auxquels elle aurait droit. Ce récit rappelle le « faux choix » des personnes handicapées au Canada, dénoncé par Mme Rosemary Kayess, vice-présidente du Comité des Nations Unies sur les droits des personnes handicapées. C’est un réel problème auquel il faut s’attaquer.

Le projet de loi québécois sur l’Assistance personnelle autodirigée est un pas dans la bonne direction: https://coopassist.ca/programme-apa.

Sur notre radar

Les élections québécoises
La campagne menant aux élections du 5 octobre a débuté le 28 août. Nous interviendrons publiquement prochainement pour rappeler les priorités de notre réseau citoyen.
En attendant, ne manquez pas les éléments suivants :

Analyse des plateformes électorales par la Confédération des organismes de personnes handicapées du Québec (COPHAN);

– Débat électoral sur la santé mentale organisé par la Coalition communautaire en santé mentale, le 8 septembre à 10h en Facebook Live ou via Zoom.

– Débat organisé par la Société québécoise de la déficience intellectuelle, le 22 septembre à 19h, via Zoom.

Réaction au rapport du comité AMAD
Le ministre de la Justice du Canada, Sean Fraser, doit répondre à la recommandation du rapport du comité mixte sur l’aide médicale à mourir (« Que le gouvernement du Canada modifie le Code criminel afin d’exclure indéfiniment de l’admissibilité à l’aide médicale à mourir les personnes dont le seul problème médical sous‑jacent est une maladie mentale ») d’ici le 15 octobre, soit 120 jours suivant le dépôt du rapport du comité.

Trouble mental : exemption d’urgence pour accéder à l’AMM
Mme Claire Brosseau, vivant depuis 35 ans avec un trouble bipolaire et un état de stress post-traumatique, espère obtenir une exemption d’urgence pour accéder à l’AMM. La Cour supérieure de justice de l’Ontario pourrait s’exprimer incessamment sur le sujet.

Bloquer l’AMM pour trouble mental avec le projet de loi C-218
Le projet de loi de la députée Tamara Jansen souhaite « modifier le Code criminel afin de prévoir qu’un trouble mental n’est pas un problème de santé grave et irrémédiable à l’égard duquel une personne pourrait recevoir l’AMM ». Le prochain échange à ce sujet à la Chambre des communes est attendu au début octobre.

À voir, lire et entendre

1) Deux sœurs qui demandent de l’aide à domicile pour leur mère souffrant d’Alzheimer dénoncent un calvaire imposé par le système de santé
Le Journal de Montréal, 31 août 2026
Analyse de Nicole Poirier (Carpe Diem – Centre de ressources Alzheimer) via ses réseaux sociaux sur LinkedIn et sur Facebook.

2) Comparaison internationale des régimes d’aide à mourir, partie 2 – Garanties encadrant les demandes et les évaluations (en anglais)
Institut Cardus, le 31 août 2026

3)  Nouveau numéro des Cahiers francophones de soins palliatifs accessible en ligne
Institut de soins palliatifs et de fin de vie Michel-Sarrazin – Université Laval, le 31 août 2026

4)
Comment participer à la Journée mondiale de la prévention du suicide, le 10 septembre ?
Association québécoise pour la prévention du suicide

5) « Droit à l’aide à mourir » en France : mises à jour
La loi créant un droit à l’aide à mourir a été promulguée par Emmanuel Macron et publiée au Journal officiel, Franceinfo avec AFP, 19 août 2026
Clause de conscience, patients sous curatelle ou tutelle… Quelles sont les réserves formulées par le Conseil constitutionnel sur l’aide à mourir ?. France télévisions, le 15 août 2026

6) Publication de la responsable du pôle plaidoyer de la Société française d’accompagnement et de soins palliatifs, Dre Claire Fourcade, sur LinkedIn :

Le Canada était leader des soins palliatifs mondiaux aux côtés du Royaume Uni. Il est rétrogradé dans le groupe inférieur. Il est maintenant le pays leader de « l’aide à mourir ».
On ne peut pas tout faire n’est-ce pas ?


Source : Premier classement mondial des soins palliatifs : la carte mondiale 2025 selon le nouveau cadre de l’OMS
(Journal of Pain and Symptom Management, Novembre 2025)

Pour accéder à cette carte interactive (en anglais).
Classement du Canada : deuxième catégorie et 40e au monde.

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