Vote en faveur du projet de loi C-7: où tracerons-nous maintenant la ligne?

Comme tous les groupes et individus qui se sont exprimés dans l’espoir que soit amendé le projet de loi C-7, afin de mieux protéger les personnes plus vulnérables de l’« aide médicale à mourir » (AMM), Vivre dans la Dignité et le Collectif des médecins contre l’euthanasie sont profondément inquiets des résultats du vote préliminaire (à l’étape du rapport) par les députés fédéraux.

Hier, lors de la Journée mondiale des personnes handicapées, les Canadiens vivant avec un handicap se sont fait rappeler qu’avec le projet de loi C-7 ils auraient le droit d’obtenir l’AMM. Tous les groupes nationaux les représentant s’y sont pourtant opposés en posant une excellente question : Pourquoi nous?

« Qui seront les prochains groupes visés? Les personnes souffrant de troubles mentaux ou neurodégénératifs? Les mineurs? En retirant le critère de fin de vie exigé pour obtenir une AMM, il sera maintenant excessivement difficile de ne pas étendre ce soi-disant « droit » à d’autres citoyens dans les mois et les années à venir », a soutenu le président de Vivre dans la Dignité, M. Alex King.

La pression est maintenant forte sur le Sénat, qui doit à son tour voter sur l’adoption ou non du projet de loi C-7. Il semble que plusieurs sénateurs désirent amender le projet de loi pour y ajouter la maladie mentale seule aux critères d’admission à l’AMM. Après la levée de boucliers provoquée par cette idée au Québec en janvier dernier, nous croyons absolument déraisonnable de même songer à offrir l’AMM aux personnes souffrant de maladie mentale.

« C’est une aide professionnelle qu’il faut offrir aux personnes souffrant de maladie mentale – pas la mort, insiste M. King. Nous devenons rapidement une société au sein de laquelle les personnes souffrantes et vulnérables qui cherchent de l’aide se verront offrir la mort comme solution à leur douleur. Quelle sera la prochaine étape? Les lignes de prévention du suicide seront-elles forcées de dire aux personnes qui cherchent du secours qu’elles ont l’option d’une mort médicalement assistée? Les médecins sont au front pour aider les personnes vulnérables; ils ne devraient pas leur offrir la mort, même si on la présente comme un soin ou comme une aide médicale. »

La Dre Catherine Ferrier, présidente du Collectif des médecins contre l’euthanasie « encourage pour sa part les sénateurs à amender C-7 pour interdire que l’AMM soit proposée à un patient qui ne l’a pas demandé (comme la ministre de l’Inclusion des personnes handicapées, Mme Carla Qualtrough, l’a déjà suggéré) et pour exiger que tous les autres moyens possibles pour soulager la souffrance aient été rendus disponibles, essayés et trouvés inefficaces avant d’envisager l’AMM. »

Rappelons qu’hier, à l’étape du rapport, 103 élus ont voté contre le projet de loi C-7, alors que 213 ont voté en faveur. Ce projet de loi C-7 retire le critère de fin de vie ainsi que plusieurs des balises pourtant jugées essentielles par les parlementaires lors de l’adoption de la Loi canadienne sur l’aide à mourir, il y a seulement quatre ans.

Le développement des soins palliatifs doit maintenant devenir une priorité nationale. Des solutions autres que l’euthanasie doivent être rendues accessibles aux personnes souffrantes. Comme pour toutes les personnes en détresse, elles méritent qu’on leur rappelle leur dignité inaltérable avec bienveillance et amour. C’est une question de justice et de solidarité.

 

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